Revenant à la vie, je cherche, regarde tout autour de moi. Respire. Non, il fait trop noir pour rentrer chez moi. Là bas, c'est le couloir de la mort, ces démons y sont entrés et n'en sortent qu'une fois leur proie sûre d'être percée de leurs crocs. Alors j'appelle, j'appelle Julie sur son téléphone. « Julie !...-ma gorge se resserre, impossibilité de m'exprimer- j'viens d'me faire agresser... » « quoi ?! hannn putain ! ...J'ARRIVE ! ».
La voilà. Qu'est-ce que je fais ? J'me cache ? j'me montre ? Je sens une coupure sur ma joue. Oh putain ma lèvre ! Putain de merde, mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait ces enculés. Puis, son regard à travers la grille me fait dire que c'est pas beau à voir. « Han nannn... putain... viens...han putain les enfoirés...fais voir » Nous marchons dans cette nuit noire qui me paraît si reposante tout à coup. Cette nuit en qui j'avais confiance, qui m'apportait oxygène et silence à chaque retour de soirée.
Vers minuit, arrivée chez cette si grande amie en qui je serais éternellement reconnaissante. Ses parents m'accueillent avec tendresse, Juju m'apporte eau, coton, glaçon et désinfectant. Oh Mon Dieu...ils m'ont défoncés la gueule. J'y crois pas. C'est pas possible... C'est bon, ce n'est qu'un mauvais rêve.
Mon père enragé et anxieux apparaît. « Oh la vache, les ordures...quelle bande d'enculés ». s'en suit alors un long voyage : hôpital, 2h à cacher mon visage des patients et à raconter avec douleur mon récit. Ensuite, direction le commissariat : 3h05 s'affiche sur l'horloge. Un homme qui décuve attend un médecin pour soigner sa cheville ou je ne sais quoi. Il aurait été surprit en train de faire le fou sur une mini mobylette complètement beurré avec plusieurs billets de 50 euros en poche. Selon son dossier, il a déjà été arrêté pour stupéfiants. Mais peu importe, je suis là pour déposer une plainte. Il aura fallu une heure pour faire ma déposition ! Ces fonctionnaires prenaient tout leur temps, faisaient plusieurs choses à la fois. Aucun ne s'est proposé d'interroger le voisinage le lendemain, ou de faire un tour dans la ville pour repérer ces 3 gosses en jogging. « Non, on ne peut rien faire, la prochaine fois lâchez votre sac » Non mais tu veux rire ?! Lâcher mon sac pour ces connards ?! Mais c'est trop facile ! Dans ce cas là, moi aussi j'arrête les études pour me consacrer au vol et à la bagarre. N'importe quoi ! Mais c'est quoi ce monde ? C'est aux gamins qu'il faut faire la morale : « non mon petit c'est pas bien de taper, non non non, c'est pas jolie jolie. Faut pas non plus piquer quelque chose sans la permission » et aux parents ! On ne laisse pas son enfant de 15 ans errer à 11h du soir dans les rues !
Phrase du jour: "Obama est venu me serrer la main pendant que j'étais au WC, j'te raconte pas la honte....
et puis Bush aussi, mais à lui je lui ai dis "Ah non! toi tu dégages sinon tu vas Busher mes toilettes"
"Je mets des smarties sous mon oreiller pour faire descendre Marilyn Monroe au paradis."
Colin Farrell.
